Invisibles

Pris dans notre rythme « ordinaire » jour-nuit, nous pouvons avoir l’impression que l’entrée dans la nuit annonce une pause générale. Comme si nos vies s’interrompaient un temps pour ne reprendre que le lendemain avec le retour du jour. Pourtant non, rien ne s’arrête tout à fait. La nuit, quelque chose grouille encore, à un autre rythme, dans une autre lumière…

Passagers de la nuit, ces professionnels livrés à eux-mêmes et livrés à la nuit, traversent les mêmes sensations et les mêmes questionnements à propos de leurs vies décalées et de leur travail dans l’ombre. Quoi qu’ils fassent, conduire des passagers, assurer le bien-être d’enfants, effectuer des rondes… à eux la solitude, le stress, le poids des responsabilités, les décisions à prendre seul, l’impossibilité de partager ses soucis. A eux aussi la fatigue et cette course quotidienne après un sommeil réparateur qu’il est difficile d’attraper. A eux l’invisibilité. Le petit matin venu, ils disparaissent quand nous autres, les gens du jour, reprenons pied dans nos vies éveillées.

Projet coécrit avec Raphaëlle Picardat